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poèmes pour la paix

par André Jacob

Travailleur social et sociologue, professeur retraité de l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal. Tout au long de ma carrière universitaire, j'ai mené une carrière artistique, tout particulièrement en arts visuels.

26 mars 2022

19 octobre 2022

Pour la paix… devoir de mémoire.

Devant le monument de la paix

La paix de tous les noms

Celle de tous les temps

Sublimité

Dépouillée

Fragilisée

Combattue

Dénigrée

Sacrifiée

Sur tous les autels

De la bêtise sacralisée

De partout

Un chant immense

Un cri du cœur

Un devoir de mémoire

Un étonnement d’espérances

10 octobre 2022

Pour la paix… aux couleurs de l’automne.

Couleurs d’automne devenues débris de saison abandonnés comme les masques hideux de la guerre, des cicatrices, des désillusions et des blessures incurables de la mort.

À l’horizon, la paix vibrante restaure les couleurs de l’espoir malgré les mines de la haine cachées sur les sentiers de l’avenir.

8 octobre 2022

Pour la paix…

Et si le big bang

Si le big bang créateur a fait exploser les couleurs de la vie, le big bang atomique destructeur en détruirait l’essence, la signification, la valeur et la splendeur.

Avec froideur, les rêveurs de volcans nucléaires développent leur folie sur les cendres de la haine et de la mort.

Le silence des tombeaux enfouis sous les décombres d’Hiroshima devrait suffire à faire taire leurs discours irresponsables.

Mais la mémoire suffira-t-elle à bloquer la reproduction du spectacle barbare du largage de l’engin funeste?

Hélas, l’ombre du passé ne désamorce pas les élucubrations loufoques sur le futur. Aujourd’hui comme hier, la paix reste le seul rempart contre un holocauste

28 septembre 2022

Pour la paix…

En Ukraine, la voie étroite, rocailleuse, même incertaine de la négociation prendrait du temps, mais elle s’impose plus que jamais.

Devant le vide, les chefs de guerre, des deux côtés de la parade, ne parlent que de victoires éventuelles ou inventées.

Chaque jour, leurs stupides aventures militaires font toujours plus de victimes… à cacher aux regards de ceux et celles qui pourraient oser remettre en question leurs stratégies.

Dommages collatéraux. Sans plus.

L’ère de la bêtise doit finir.

Négociez! Négociez!

Promouvoir la paix, c’est protéger la vie.

26 septembre 2022

La paix, geyser intarissable à la puissance volcanique indomptable, renaît sans cesse dans les anfractuosités du désir de fraternité.

19 septembre 2022

Pour la journée internationale de la paix.

Vos guerres

Voiliers démâtés peuplés de fantômes du passé

Dérivent dans le temps

Sans compas

Sans repères

Que le diable emporte vos mille aventures insensées

Projetées dans les remous funestes de la violence

Sur les mers furieuses de la haine

Dans les ténèbres de l’obscurantisme

Fondu au creuset de l’oubli

Malgré notre détresse et notre désenchantement

Les voiles déchirées de l’espoir naufragé

Flottent

Tortillonnées sur la mâture de l’avenir

Vers la lueur d’un phare

La paix

7 septembre 2022

Profession de foi

Pour la paix…Je crois

À l’égalité entre les hommes et les femmes
à la dignité de chaque personne
À la justice florissante entre les peuples
à la fenêtre ouverte de l’amour
à la porte fermée devant la haine
à la main bienveillante tendue à l’autre
à la donation-partage entre mains nues
à la puissance créatrice de la nonviolence
à la quête incessante de l’harmonie
à la paix mariée à l’espoir

6 septembre 2022

Pour la paix…

fleurs d’hier flétries

des croix blanches à l’infini

mémoire de la guerre

1er septembre 2022

Pour la paix…

fracas de bataille
dans la venelle lézardée
une rose

30 août 2022

Pour la paix…

Flaques de sang sur une scène de guerre

Coulent les racines du courage

Aux couleurs de la vie

Se dessinent l’avenir de la paix

29 août 2022

Pour la paix…

Quand le tapage cacophonique des téléviseurs et des radios du monde valorise la guerre, nous clamons haut et fort : parlez de la paix!

28 août 2022

Quand le tapage cacophonique des téléviseurs et des radios du monde valorise la guerre, nous clamons haut et fort : parlez de la paix!

27 août 2022

Quand on juge les appels à la paix subversifs et déloyaux à l’égard de la patrie, nous levons un drapeau blanc.

26 août 2022

Même si la parole de paix paraît sombrer dans les remous de la propagande guerrière, nous chantons la paix nuit et jour.

25 août 2022

Pour la paix…

Silence de croix blanches

Stèles funéraires dans l’oubli

places désertes

sans voix

nous pleurons

24 août 2022

À la mémoire des morts oubliés sur les champs de bataille, les familles vivent un deuil pérenne marqué par des cicatrices intérieures d’une profondeur insondable. Rappelons la nécessité de la paix!

23 août 2022

Pour la paix…

Devant trop de promesses de paix reniées dans le secret des salons aux murs tapissés d’or, nous protestons contre l’ignominie de la guerre.

22 août 2022

Pour la paix…

Même quand l’appel à la paix ne s’entend plus, nous dénonçons le silence sur les faux semblants et l’ignominie des metteurs en scène des guerres.

21 août 2022

Chaque jour, des milliers de canons tonnent partout sur les théâtres obscènes et absurdes des guerres, faisons entendre nos voix pour la paix!

20 août 2022

Même si la guerre reste un éternel mystère indicible, le torrent de la paix traverse tous les temps.

19 août 2022

Les guerres naissent dans l’embroussaillement des discours abscons de chefs d’État, de tartuffes et de prestidigitateurs des monnaies, prisonniers d’une soif insatiable de domination, de profits, d’exploitation et de victoires mortifères, que dire sinon réclamer la nécessité de la paix.

18 août 2022

Sur le champ de bataille flétrit la vie, sacrée, dans le désespoir.

Cultivons la mémoire, levain de la paix! 

6 août 2022

Pour la paix… À la mémoire d’Hiroshima

À la mémoire d’Hiroshima

Aux sources de la haine

Au mépris de la paix

Au puits perdu du pouvoir

Des mains profanes

Puisent la vengeance

Tueuse de rêves

Avec formules et calculs

Avec froideur et détachement

Sous les ombres de la mort

Des robots pleins de morgue

Semblables à des hommes

Créent un champignon funeste

Déraisonnable sacralisé

Et le chaos emporta la ville

Pulvérisée par les atomes

Incendiée sous un volcan

Emportée par l’horreur

Cicatrisée avec fureur

Dans un parc, à la margelle d’une vasque

un enfant calciné

Violon du silence

10 juillet 2022

Pour la paix… La parole de paix pour tout dire.

Le rêve du réel nourrit la parole de paix pour affirmer la dignité et la beauté du monde au-dessus du désespoir semé sur les champs de bataille.

La parole de paix suit la trame de la mémoire des peuples pour ériger l’espérance contre la bêtise et le cynisme des fabricants de guerres.

La parole de paix modifie la trame du fatalisme quand elle sort de l’ombre des cachots.

La parole de paix stoppe la guerre quand elle chante la paix d’une voix plus retentissante que les ordres tonitruants des généraux et les crachats des canons.

Pour la paix… il faut un chœur à l’unisson

28 Juin 2022

Pour la paix… Plus de responsabilités de la part de nos dirigeant.e.s

Prière pour la paix

Face à la guerre

Nous citoyens et citoyennes de tous les horizons

Nous supplions nos élu.e.s

Engagez-vous contre la guerre!

Mettez fin à cette catastrophe!

Laissez tomber les armes!

Oubliez les délires obsidionaux!

Cherchez l’arbre à palabres!

Élargissez le cercle!

Amorcez des pourparlers!

Favorisez les négociations!

Exigeons la paix!

Maintenant

27 juin 2022

Pour la paix…  Une minute de silence

« Néant sordide horrible affaire

Répandue depuis des lustres

Sur des millions de champs de bataille

Inventés depuis tans de siècles

Par la bêtise humaine « 

Désy, Jean. Non, je ne mourrai pas. Montréal, Mémoire d’encrier (2020), p. 42

Il était une fois

Il était une fois

Légende

Jardin flétri

Pays meurtri

Miroir de douleurs

À son horizon

Des dépouilles de héros

Macchabées anonymes

Coupables ennemis

Morts d’espoir grandiose

De victoires illusoires

Dans un dialogue de bêtes

Entre fosses et stèles

Dans le silence du cimetière

Requiem

Te Deum

Peu importe

Au cirque du cynisme

Indolence Indifférence

Des gens marchent

Avancent s’embourbent

Sans savoir où on les mène

Et les morts reposent en paix

Dans le conte de l’oubli

Tableau: André Jacob
Requiem
Huile sur toile
24 X 30 (61 X 76 cms)

24 juin 2022

Pour la paix… le droit de vivre en paix

« La création est une incidence inachevée

Les racines d’un monde entremêlé

L’exode d’un besoin de vivre. »

Sioui, Jean. Au couchant de la terre promise. Montréal, Mémoire d’encrier (2021), p. 38.

La terre en partage

Pour la fête dite nationale

d’un pays rêvé

entre filles et fils

entre voisins

d’une seule terre

en partage

où cultiver

le respect et la justice

le droit de vivre en paix

Trésor transcendant

Précieux essentiel

Qui ne dit pas son nom

Plus fragile que l’abeille

Et la rose qui l’accueille

Tableau :

Titre : Je ne suis pas ce que l’on dit

Technique mixte : Aquarelle et collage

89 X 68,5 cms

21 juin 2022

Pour la paix… Rangez vos plans de guerre!

Rangez vos plans de guerre

Vous, dirigeant.e.s du pays

thuriféraires de la guerre

vendeurs de cauchemars

Avec vos voix enchanteresses

Vous hurlez avec les loups

Vous étalez vos milliards

Vos nouvelles listes d’armes

devant des journalistes complaisants

devant un peuple inconscient

devant des pacifistes incrédules

devant des vendeurs d’armes hilares

Cessez d’inventer des monstres ennemis!

Suspendez la vente de vos machines à tuer!

Fermez les banques de la guerre!

Pensez aux citoyens, pas aux généraux!

Arrêtez votre chasse insensée à l’ennemi!

Ne pliez plus les genoux devant l’OTAN!

Tendez l’oreille aux cris des éclopés et des mourants!

Écoutez la voix des peuples!

Allumez tous les réverbères de l’espoir!

Cherchez l’harmonie avec sagesse et bonne volonté!

N’imposez plus la guerre comme un zombie terroriste!

À la ferraille, vos montagnes d’armes!

Compostez cette sale guerre dans le terreau de la paix!

Négociez! Négociez! Négociez! Négociez! Négociez!

Vous croyez notre silence complice,

Ne vous méprenez pas!

Nous lisons vos jeux de coulisse,

Nous décousons les drapeaux de vos intérêts

Nous écrivons, chantons et peignons partout

Non! Non! Non! Non! Non! Non!

Nous remplaçons vos élucubrations par un seul mot

Paix! Paix! Paix! Paix ! Paix! Paix!

Symphonie en écho harmonique.

20 juin 2022

Pour la paix… méfions-nous de la confusion!

« Moi la musique qui marche au pas

Cela ne me regarde pas… »

Georges Brassens. La mauvaise réputation.

Méfions-nous de la confusion!

Sur l’encoignure du salon

L’urne de Mathieu

Une photo

Son képi

Une médaille

Un drapeau

Une note

Signée du président

Au recto

Mort pour la patrie, la liberté et la démocratie

Au verso

Signée de la mère et du père

On l’a convaincu que le pays allait sauver un peuple frère

Confondu avec un territoire à conquérir

On l’a envoyé mourir au nom du libéralisme économique

Confondu avec liberté

On l’a conscrit pour défendre les privilèges des riches

Confondus avec la démocratie

Maman et papa

Mieux vaut vivre et chanter pour la paix

En liberté

Pour la justice

Avec nos sœurs et nos frères

Bravoure et détermination!

17 juin 2021

Pour la paix… Le silence

Sur un grand chêne

Inconnu

Sage

Je grave la paix

Il la passera

Au suivant

10 juin 2022

Pour la paix… Arrêtons le temps de la guerre.

« Nous préférons la fleur au javelot

la gentiane nous sert de bouclier. »

Marie-Célie Agnant

Femmes des terres brûlées. Montréal, éditions Pleine lune (2016), p.61

CODA

Blitzkrieg

Coup d’État d’un jour

Invasion de cent jours

Guerre de Cent Ans

La durée n’importe guère

Le temps des hostilités

Vit toujours trop longtemps

N’aurait jamais dû paraître

Sur la portée d’une guerre

Trop tard

Les canons tonnent

Les fusils-mitrailleurs crépitent

Oeuvre au tempo de la guerre

Symphonie macabre

Entendue sur tous les fronts

Elle était est sera

CODA

La partition jouée

Les applaudissements apaisés

Les retombées évaluées

Les résultats comptabilisés

Vient le temps des bilans

Des défaites

Les victoires d’une guerre n’existent pas

CODA

Que reste-t-il?

Traces indélébiles

Haines inassouvies au fond des cœurs

Corps cicatrisés en marche lente

Signes de griffes sur les murs du désespoir

Faim

Climat

Handicaps

pauvreté

Sang séché sur les bancs d’une école

Traces d’urubus à tête rouge

Stèles funéraires au jardin de l’oubli

Listes infinies de dommages

Causes riches de préjudices

Pages noires de dévastations

Livres de sinistres comptables

Relevés des comptes

Colonnes de gains

Colonnes de pertes

Rien de plus rien de moins

Économie des faits

Économie des mots

Les cotes de la Bourse explosent

Les actionnaires jubilent

L’essentiel est sauf

Fermons les livres

Tournons la page

CODA

Passons au rituel

Contrition

La foule attend

Silence obligé devant les morts

Victimes collatérales

Connues et inconnues

Hommes femmes enfants

Le compte est bon

Parlons d’autres choses

CODA

Non!

Le métronome me rend fou

En vain, je cherche le sens du temps

Au large d’une mer étale

La paix

J’aperçois la guerre

Aux aguets

En veilleuse 

Religieuse

Insolite

Fourbe

Perfide

Toujours

Partout

Pendant longtemps, j’attendrai ma place au concerto de la paix.

1er juin 2022

Pour la paix… signe d’amour.

La paix permet d’offrir des fleurs en signe d’amour à une personne vivante pendant qu’en signe de deuil, des fleurs flétrissent sur des croix blanches. Mémoire de guerre!

31 mai 2022

Pour la paix… échec à la guerre

Pour la paix… échec à la guerre.

La guerre, source volcanique de la mort, fait trembler et souffle la vie de l’esprit et du corps quand les plaques tectoniques d’intérêts économiques et politiques divergents s’entrechoquent dans les couloirs des châteaux.

La guerre, plaie purulente de l’humanité, envenime la vie des peuples et tue les rêves quand les boursicoteurs du monde jouent l’avenir sur une table de poker.

La guerre, pirate des solidarités, s’approprie le temps et l’espace depuis que les êtres humains se revêtent de la peau du loup et en adoptent les comportements.

La guerre, minotaure au caractère indomptable, devient souris dans un labyrinthe quand les artisans de la paix empêchent les fabricants d’armes de nourrir le monstre.

28 mai 2022

Pour la paix… devoir de mémoire

À la mémoire des enfants d’Uvalde

Des cliquetis d’armes

Les dieux de la guerre

veillent toujours

Crépitement de balles

Un instant de guerre s’écrit

dans le sang

Silence

Les enfants assassinés

ne chantent plus

Des épitaphes gravées

par les larmes

des enfants en pleurs

Sur les tombes sacrées

on lit un mantra

Paix et nonviolence

Un merle perché sur une stèle

trille le printemps

Espoir

Poème et tableau : André Jacob

Huile sur panneau de bois

26 mai 2022

Pour la paix… non au théâtre sans épilogue

« La guerre : elle démolit notre pièce de théâtre pour nous contraindre à jouer sans texte ou dialogues. »

Mahmoud Darwich

À nous…

Comme à l’opéra, les guerres se joueraient-elle sur fond de drames ou de conflits entre amour et haine, entre solidarités et trahisons… entre les grands princes de tous les temps, personnages de l’envers des décors de la paix.

Les décors grandioses avec châteaux créent l’espace et l’ambiance aux grands déploiements des gens d’armes et de manipulateurs d’or.

Les scènes de défilés de personnages affublés de costumes d’apparat laissent pantois quand ils font mine d’étaler des émotions fortes pour camoufler des intrigues et des intérêts, préludes aux conflits.

La trame des guerres se tissent sur les dogmes factices de promesses idylliques imposées dans le fracas des armes au nom de la recherche du bonheur, de la prospérité et de la liberté.

Les bâtisseurs de guerre ont-ils tellement de pouvoir qu’ils peuvent transformer la masse en moutons de Panurge sans imagination créatrice?

Et nous, sommes-nous envoûtés par l’harmonie des airs chantés ou des partitions militaires aux tonalités triomphalistes?

Et nous, ahuris devant le spectacle de la militarisation, sommes-nous condamnés au mutisme devant l’étalage d’oripeaux de bons sentiments voulus aussi forts que les cris de commandement des chefs de guerre?

Et nous, sommes-nous condamnés à avoir l’air ébahi par les dialogues de sourds sur le devant de la scène?

Et nous, saurons-nous préparer des répliques en mesure de déjouer les embûches des discours bellicistes?

Et nous, éternellement condamnés à attendre l’épilogue de la guerre, sans fiction, au théâtre de la vie, quelle fin pourrions-nous proposer?

À nous les pouvoirs de réduire au silence les pouvoirs maléfiques et fictifs cultivés par la domination, la haine, la ruse, les trahisons, l’exploitation, la répression et les destructions!

À nous de réinventer un monde en paix par la paix.

À nous de développer la culture de la paix.

La culture de la paix est notre cheval de Troie.

Place à l’audace!

To be or not to be

Le dormeur du Val et Le déserteur

Serge Reggiani : https://www.youtube.com/watch?v=RTl0pmB8_ow

23 mai 2022

Pour la paix… la mémoire de la guerre.

Jour des Patriotes : « Je me souviens »?

Le 23 mai, jour consacré à la mémoire de la révolte des Patriotes. Tout s’est déroulé en 1837 et 1838, donc loin dans le passé. Peut-on se souvenir? Qui peut se souvenir? De quoi se souvient-on? Et surtout pourquoi se souvenir?

Il était une fois… quelques politiciens, intellectuels, membres du bas clergé et des petits commerçants francophones qui entreprirent de protester contre le régime britannique. Paysans, bûcherons et ouvriers suivirent le mouvement et sortirent mousquets, fourches, haches, bâtons, lance-pierres et tout ce qui pouvait ressembler à une arme quelconque.  Malgré la peur au ventre, la misère et la faim armaient de courage et de détermination ces va-nu-pied improvisés fantassins. Ces troufions mal attifés, inspirés par des chefs audacieux, espéraient pouvoir vaincre les soldats bien armés et bien nourris de l’Empire britannique, mais surtout, ils espéraient obtenir justice et droits égaux, liberté et égalité, respect et dignité pour eux et leur famille en se consacrant à combattre pour obtenir la reconnaissance d’un gouvernement à leur ressemblance et plus compréhensif de leurs intérêts.

Il y a bien eu les 92 résolutions. Une liste complète de mesures proposées par les élites du mouvement des Patriotes afin de bien circonscrire les revendications populaires, dont l’autonomie gouvernementale par l’adoption d’un gouvernement responsable du Bas-Canada afin de mettre fin au pouvoir absolu des gouverneurs imposés par la Couronne britannique.

Durham, un envoyé spécial de la Couronne britannique, a rapporté la réponse conçue à Londres; elle fut claire et ferme. La requête fut refusée, probablement même ridiculisée. Dans sa réponse, le porte-parole britannique résumait tout en peu de mots : il valait mieux assimiler ces francophones, sujets irrespectueux et insoumis à sa Majesté que de leur accorder un droit quelconque.

La réponse anglaise fut ferme, tranchante et surtout militaire. La couronne ne négocie pas avec ses sujets, dit le dicton. Démocratie et respect du peuple ne faisaient pas partie des valeurs de l’Empire.

Le régime anglais a vite joué dur en faisant appel aux régiments britanniques avec l’appui de notables francophones et de la hiérarchie catholique qui ont choisi de trahir le peuple en vertu de leurs intérêts financiers, moraux et idéologiques immédiats. La répression s’est vite installée à demeure. Dans la région de Terrebonne, le seigneur Joseph Masson, un riche commerçant, et le seigneur John Pangman, propriétaire du manoir de Mascouche ont fait appel à l’armée et se sont eux-mêmes procuré des armes pour défendre leur fief contre les « rebelles » et le peuple. Pourtant, jusqu’à nos jours, ces personnages ont toujours droit à une sorte de vénération dans la région. La mémoire de l’élite est mieux soignée que celle des pauvres bougres qui ont subi les foudres d’actions armées inégales, cruelles et funestes, comme toutes les guerres.

À l’époque, le général Colborne et son régiment rouge semaient la terreur, envahissaient, assiégeaient et brûlaient fermes et villages sur la rive nord de la rivière des Mille-Îles de Terrebonne à Saint-Eustache et sur la rive sud (la Montérégie d’aujourd’hui). Mais les Loyalistes veillaient au grain. Dans une biographie du seigneur Joseph Masson écrite par Henri Masson, on relate sa collaboration avec les Anglais : « Le 7 novembre 1838, Joseph Masson, accompagné de quelques Loyalistes négocie la reddition des patriotes (Masson, Henri (1972). Joseph Masson, dernier seigneur de Terrebonne (1801 – 1847). Montréal, édité par l’auteur, p. 222). Les patriotes affaiblis, « dès le début de 1839, les «Royals » reçoivent l’ordre de se rendre à Terrebonne et dans les paroisses au nord de ce village pour y effectuer certaines arrestations et confisquer les armes des habitants. (…) Le colonel Wetherall entre dans le village à la tête de ses troupes le 4 janvier et exécute les ordres des quartiers-généraux. Le lendemain, huit prisonniers, Bouc est du nombre, sont escortés à Montréal… » (p. 223)

Les armes ont donc fini par se taire. Les soldats de l’Empire ont célébré la victoire et sont retournés à leur caserne.

Comme dans les conflits armés d’aujourd’hui, les pauvres subissaient les violences, la répression, les destructions et devaient soigner leurs blessures physiques et psychologiques avec peu de ressources et pleurer leurs morts, toujours dans la misère, la solitude et le silence Les blessures de tous ordres restent inscrites dans la mémoire collective, même si elle paraît souvent confuse.

Le souvenir des personnages historiques connus (François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier, Louis-Joseph Papineau, Jean-Olivier Chénier, Robert Nelson, Cyrille Côté et plusieurs autres) reste vivant, mais des milliers de victimes de la révolte sont toujours inconnues. Officiellement, l’histoire garde le souvenir de 327 morts, 58 patriotes envoyés en exil en Australie et 12 condamnés à mort et pendus.

On se souvient parce que des gens ont sacrifié leur vie pour leur idéal, la recherche de la démocratie et de la paix.

On se souvient aussi parce que l’on réalise qu’une guerre, peu importe son nom, laisse de douloureuses cicatrices ineffaçables par le temps. L’histoire a la mémoire longue et souvent les conflits persistent sous diverses formes après le silence des canons, ce malgré les stèles du souvenir érigées en permanence à la mémoire des victimes d’un conflit.

Mahmoud Darwich, poète palestinien qui a bien connu ce que signifie l’occupation et la répression armée, l’a bien dit : « Je ne sais pas qui a vendu le pays, mais je sais qui a payé le prix. »

21 mai 2022

Pour la paix… dénouer le mystère des grands

« La guerre s’arrêtera et les dirigeants se salueront laissant cette vieille dame dans l’attente de son fils martyr, cette jeune femme dans l’attente de son bien-aimé mari et ces enfants dans l’attente de leur héros de papa.

Je ne sais pas qui a vendu le pays, mais je sais qui a payé le prix. »

Mahmoud Darwish

Je ne sais pas

La guerre des mystères

des questions sans réponses

celles de la terreur

Anonyme

Hypocrite

Insensée

Dans son lit

l’enfant traverse son cauchemar

Seul

En forêt la nuit

Arbres ombres craquements hululements

Tout devient frayeur

malgré un rayon de lune

Il reste apeuré

muet

devant la solitude

face au désespoir

MAMAN! MAMAN!

La lampe s’allume

Papa!

Où est maman?

Te rappelles-tu le grand bruit et le grand feu?

Ils ont emporté ta maman

Je ne sais pas où

Mais qui me l’a volée?

Je ne sais pas

Je ne sais pas

20 mai 2022

Pour la paix… la guerre des idées

« La guerre, c’est la guerre des hommes. La paix, c’est la guerre des idées. »

Victor Hugo

Des idées et des mots

Sur la place, un général parle de paix.

Devinez son idée de la guerre!

Des idées oxydées

Fondues

Transformées

Dans des creusets brûlants

En sortent des formes bistournées

Mensonge

Trahison

Manipulation

Cynisme

Tyrannie

Pouvoir

Intérêts

Guerres

Il faut créer des moules nouveaux pour forger des socles d’espoir

Vérité

Authenticité

Loyauté

Liberté

Solidarité

Neutralité

Paix

Au nom de ce seul mot

Que de mots de sérendipité tordus, oubliés ou embrouillés!

Que d’idées d’avenir trahies, ruinées ou abandonnées!

Que de dilemmes et de contradictions étalés au grand jour!

Quel airain sonore et retentissant!

Disséquons les idées au-delà du vocabulaire!

19 mai 2022

Pour la paix… l’attente

« L’œil blanc, la main posée sur le col de pierre

Un monde à l’hébétude, une attente vaine

Van Schendel, Michel. Bitumes, Montréal, Hexagone (1998), p. 93.

Les médailles

Les médailles du soldat vivant

Souhait

Au prix du sang

Honneur

Fierté

En attente

Les médailles du soldat tué

Reliques

Au prix du sang

Ordre

Reconnaissance

À la mémoire de…

Des héros attendent la gloire

Dans leurs rêves de victoire

Oubliés dans les dépositoires

Soldats inconnus – mémoire de guerre

18 mai 2022

Pour la paix… Nonviolence pour les enfants du monde de l’avenir

« La nonviolence ne garantit aucunement le succès (pas plus que la violence, d’ailleurs). Mais elle crée indiscutablement des conditions beaucoup plus favorables au succès que l’usage de la violence ou la menace de celle-ci… » Boisvert, Dominique. Nonviolence, une arme urgente et efficace. Montréal, Écosociété, p.46).

Je suis

Je viens de naître

Vagissement

Cri d’espoir

Salut la vie!

La planète entière se réjouit

Quelle ressemblance!

Quelle merveille!

Quel message!

L’écho reprend

Je suis…

Je suis de votre chair

Je suis de toutes les couleurs

Je suis de toutes les langues

Je suis de tous les rêves

Je suis d’amour

Je suis de paix

Je suis votre avenir

sans limites

sans frontières

sans défense

Les enfants de la terre

17 mai 2022

Pour la paix… la dissuasion est un non-sens

La dissuasion, « c’est l’application méthodique du cercle vicieux : pour éviter d’être attaqué, je dois me préparer à attaquer le premier; pour éviter d’être vaincu, je dois m’assurer d’être vainqueur (donc plus armé, plus nombreux, plus prêt, etc.); pour garantir la paix, je dois préparer la guerre. Et chaque incident justifie cette « logique », comme chaque attaque justifie les représailles… »

Boisvert, Dominique. Nonviolence, une arme urgente et efficace. Montréal, Écosociété, p.46).

Jeux d’enfant

Au petit matin

sur le chemin de l’école

Mes biceps sont plus gros que les tiens

mais j’ai les bras plus longs que les tiens

Mes poings sont plus gros que les tiens

mais moi je frappe plus vite que toi

Je cours plus vite que toi

mais je cours plus longtemps

Mon lance-pierre est plus grand que le tien

mais le mien lance de plus gros cailloux

Mon épée est plus longue que la tienne

mais la mienne est plus solide

Mon vélo est plus haut que le tien

mais le mien a de plus gros pneus

Sur le chemin du retour

Si tu m’attaques, je peux te battre

mais je vais me défendre

Tu ne pourras jamais gagner

Toi non plus

Mes amis vont m’aider

J’ai plus d’amis que toi

Le soir venu

Ils s’endorment en rêvant de victoires à venir

16 mai 2022

Pour la paix… la mémoire de l’enfant

« Elle avait connu la guerre. Dix ans. Elle répétait toujours « dix ans » en forme d’incantation, balançant doucement son corps comme bercée par une mélodie. Son corps était une prière qui chante tout bas… »

Madeleine Gagnon. Les femmes et la guerre. Montréal, VLB édieur (2000), p. 18.

L’enfant qui gazouillait

La mère prépare un bouquet de roses

L’enfant joue

Il découvre une abeille

suit son butinage

de fleur en fleur

s’amuse de cette danse

cherche à la toucher

Elle fuit sans cesse

Sauve sa vie

Innocence programmée

dans un jardin paisible

L’enfant gazouille

Sa nouvelle amie travaille

Harmonie

L’enfant s’arrête

Écoute

Sifflement

Hurlement d’une femme

Silence

Le sol a pris la couleur des roses

Il était une fois à Dunkerque, Stalingrad, Londres, Paris, Berlin, Saïgon, Alger, Santiago, Kaboul, Bagdad, Sanaa, Alep, Jérusalem Est, Ramallah, Kharkiv…

12 mai 2022

Pour la paix… le partage

« Le rêve de l’enfant, c’est la paix.

Le rêve de la mère, c’est la paix.

Les paroles de l’amour sous les arbres,

C’est la paix.

Yannis Ritsos. Paix. Revue Europe, No 652-653.

« Pour Yannis Ritsos, l’une des grandes figures de la littérature grecque, la poésie a toujours été une façon de dire non à l’oppression et à la barbarie. La paix qu’il célébrera toute sa vie, lui apparaît comme le plus bel horizon de la nature. » Doucey, Bruno. Guerre à la guerre. Éditions Bruno Doucey, p. 104.

C’est la paix

Mon chapeau en berne

Les yeux rivés sur l’horizon

Le cœur en chamaille

Avec larmes d’orage

Tout s’embrouille

Dans des cauchemars évidés

De sens

De promesses

Mais je crois rêver

Au large d’un champ

Au bout du vent

Un arc-en-ciel se lève

Une scène s’anime

Mouvement du temps

Avec chants et gazouillis

Une colonne se dessine

Aux couleurs des enfants

Au courage des mères

Portant drapeaux blancs

Cherchant refuge

Un serpentin s’étire

Au-delà du temps

Au-delà des frontières

Loin de la misère

Loin de la guerre

Je me lève

Je prends un enfant dans mes bras

Je marche avec eux et elles

Les mères en tête

Nous avançons ensemble

C’est la paix

10 mai 2022

Pour la paix… la résistance.

« Il faut commencer par dire « non à la guerre » si nous voulons que d’homme en homme, de proche en proche, de pays à pays, une longue chaîne pacifique se crée… »

Doucey, Bruno. Guerre à la guerre. Saint-Martin d’Hères, Éditions Bruno-Doucey (2014), p. 118.

J’ouvre le journal du jour, en page frontispice, je lis: « Des artistes engagés dans les conflits… »

Je reste perplexe.

Pourquoi ne pas écrire « Des artistes engagés pour la paix ? »

Les artistes peuvent prêter leurs voix aux victimes de la guerre sans nécessairement promouvoir la culture de la paix…

Je doute.

Je résiste.

Je continue à réclamer la paix comme alternative à la poursuite de la guerre.

9 mai 2022

Pour la paix… pour le droit de vivre en paix

Avec raison, la Russie célèbre la victoire sur le nazisme le 9 mai 1945, mais le commandant en chef ne peut se glorifier de la victoire de sa guerre ignoble actuelle en Ukraine.

Que vaut la couronne d’or de la victoire d’un chef?

Si sa brillance est ternie par les larmes des mères

Si sa couleur est tachée du sang d’un peuple

Si un peuple se noie dans ses larmes

Pas plus qu’un pschent sous une pyramide

Moins qu’une médaille sur un soldat mort

Rien

Grain de sel

Seule la paix donne droit au diadème serti de jade et de pierres d’amour

Chanson de Victor Jara, héros de la paix et de la démocratie au Chili, El derecho de vivir en paz (Le droit de vivre en paix), mutatis mutandis, chanson toujours d’actualité dans le contexte de la guerre en Ukraine.

En français

https://www.youtube.com/watch?v=noqi9VivnjE

8 mai 2022

Pour la paix… pour l’amour

Aux mamans du monde

La fête des mères, heureux prétexte pour leur parler d’amour.

Jour après jour, elles marchent pour faire grandir la vie et la protéger avec amour, tendresse et générosité, sans jamais oublier l’enfant, petit ou grand, à côté d’elles.

Leur pouvoir de résister à la misère et à la guerre, de créer et recréer la paix au quotidien leur donne droit à toutes les médailles d’honneur et de bravoure.

Mamans, que cette journée soit joyeuse et riche d’actions de grâce!

Que

Interprétation : Diane Dufresne

7 mai 2022

Pour la paix… la résilience face aux maux des guerres

« Je combats mon esprit

Et toutes les ombres aussi

Je reviens pour la vie, loin de la mort »

Paule Tremblay, artiste pour la paix

Face à la vie

L’enfant

C’est toi

C’est moi

Autrefois maintenant

Face aux actes destructeurs

des passions enracinées

au creux des vagues

de la peur

de l’indifférence

du désarroi

de l’abandon

Seul.e

Devant les tirs de la violence

Sur la « nef des fous* » à la dérive

dans les secousses des flots

les regards enchaînés aux récifs

des violences

du passé

au présent

Suivre une voie

sans fuir

la conquête de soi

avec la vitalité d’un printemps

Cueillir la force dans la faiblesse

de notre enfance

libérée de nos regards usés

sur les plaies du monde

guerres à finir

jamais finies

Choisir la lumière en soi

au-dessus de la fumée noire

pour cultiver l’espoir

Choisir le respect de soi

pour conquérir le cœur

Choisir l’amour

de soi

de la vie

du monde

pour effacer les maux

Choisir la paix

pour bâtir l’avenir

  • Œuvre de Jérôme Bosch (1450 – 1516)

Paule Tremblay. Album « Turbulence, Le général  » (2019).

6 mai 2022

Pour la paix… la beauté

« Ainsi passe un vent de beauté

comme un cheval de lumière

dans ce ton de caverne douloureuse

cette illumination de chair abîmée »

Miron, Gaston. Poèmes épars. Montréal, L’Hexagone (2003), p.65.

Ruines de laideur

Reflets d’ombres

Cavernes ténébreuses

Caches de chair

Traces de guerre

Rappel de Guernica

Créons un nouveau cheval de Troie!

Irradions les antres des monstres

d’idées atomiques!

Recréons la beauté la beauté du monde!

La planète en paix l’exige.

L’hymne à la beauté du monde (texte Luc Plamondon)

Interprétation; Diane Dufresne

5 mai 2022

Pour la paix… la solidarité.

« J’avance quelques mots…

quelqu’un les répète comme son propre écho »

Miron, Gaston. Courtepointes. Ottawa, Éditions de l’Université d’Ottawa (1975), p. 51.

Ô mes ami.e.s

Cherchant vos mains

Je vous écris à hauteur de rêves

libéré des banquises de cauchemars

d’îlots d’horreurs à la dérive

Poètes

illustres ou inconnu.e.s

casseurs de monuments

bétonnés conformes

Larguez vos créations!

Le monde a soif de mots de paix

4 mai 2022

Pour la paix… la quête

« Il n’existe aucun chemin; la quête que nous poursuivons repose en chaque chose approchée en chaque instant qui délivre ses clartés.»

Hélène Dorion. D’argile et de souffle. Montréal, Typo (2002), p.217.

Être pèlerin.e

Sans bâton

À tâtons

Cheminer

Au pas de l’instant

Avec la clarté

de l’espoir

Poursuivre la quête

De soi

Du monde

Jusqu’au soir

De la paix retrouvée

3 mai 2022

Pour la paix… le silence?

Message de soutien de mon ami André-Guy Robert.

« Quand j’ai écouté cette musique, j’ai tout de suite pensé à toi. C’est une musique qui ressemble à notre cause, la paix : https://youtu.be/Hm2_XI4GI84 

Pur hasard, Valentyn Sylvestrov est Ukrainien. Il est né à Kyiv. Raison de plus pour écouter une contribution aussi douce en pleine guerre : le contraste avec le fracas du champ de bataille me paraît méritant, voire militant.»

Les semeurs des temps anciens semaient à la volée en lançant des poignées de blé, d’avoine ou d’orge au-dessus d’un champ hersé redevenu vierge, prêt à accueillir la semence. Les oiseaux pouvaient en cueillir une partie, mais tous les bons grains touchaient le sol et commençaient aussitôt leur transformation pour générer de nouvelles pousses pour la récolte à venir. En raison des intempéries, les semeurs doutaient et craignaient de perdre leur récolte avant même la fin de la saison, mais ils tenaient bon et répétaient les mêmes gestes, saison après saison.

Ainsi, devant les vents contraires et l’ivraie, le doute peut assaillir les semeurs de paix, décourager et créer l’impression de semer pour rien. Il est plus facile de baisser les bras et de se retirer à l’ombre en se disant, pour se consoler que les thuriféraires de la guerre ont peut-être raison… parce qu’ils ont toujours le ton triomphant.

Semeurs de paix, le doute funeste va-t-il nous réduire au silence et étouffer notre voix?

Devrions-nous ranger notre plume? Fermer tout microphone? Quitter toutes les scènes? Laisser sécher nos pinceaux?

Non.

Le devoir de paix nous commande de soutenir des voix fortes contre le maelström de la propagande de guerre et des discours bellicistes.

2 mai 2022

Pour la paix… comme un cri.

« Voyant la place du gouvernement politique saisie par des hommes incapables, s’en sont reculés; et celui qui demanda à Cratès jusqu’à quand il faudrait philosopher en reçut cette réponse : « jusqu’à tant que ce ne soient plus des âniers qui conduisent nos armées… » Montaigne

Les essais. Paris, Arléa (2002), p. 109.

La parole vaut un cri

Sans voix éberlués

Devant le trop-plein de braiments

Des rois cravatés des ondes

À l’air chevaleresque

Avec masques vernis

et cris de ralliement

Défient

s’égosillent

hurlent

Sus à l’ennemi!

Aux armes!

Au carnage!

À la victoire!

À la mort!

Le gant est lancé

Nous le relevons

Avec fierté

Devant témoins

Les mains nues

Nous passons la parole

Pour la vie

Pour la paix

1er mai 2022

Pour la paix… Hymne au printemps, Félix Leclerc

« Les bourgeons sortent de la mort

Papillons ont des manteaux d’or

Près du ruisseau sont alignées les fées

Et les crapauds chantent la liberté. »

Le printemps invite la vie dans son jardin

Fête au village

Chants et danses

Rigaudons et farandoles

Fête à la ville

dans la rue

Travailleurs endimanchés

Clameurs et revendications

Souvenirs de grèves

Au travail demain

Comme hier

Airs d’humanité

Il fait paix aujourd’hui

30 avril 2022

Pour la paix… questions de sens

Pourquoi cette pluie?

Chanson mélancolique de Idir, chanteur algérien très connu, de son vrai nom Hamid Cheriet. Le texte fut créé dans l’amitié entre lui, l’Algérien, et son ami juif, Jacques Goldman. Oeuvre en hommage à la femme, à la patrie et à l’humanité.

Interprétation : Tanina Idir

Marche pénible sous la giboulée

perdu dans le brouillard

démuni dépenaillé

cherchant auscultant

le sens du non-sens

de la guerre

de la déraison

Une seule question en tête

Insensée

Pourquoi la pluie?

Le sentier est long

sinueux rocailleux

sans indication

sans issue

sans réponse

Je chemine dans la noirceur

Une seule question en tête

déroutante

Pourquoi la pluie?

J’ai froid à mon pays

figé par la voix caverneuse des chefs

déraisonnable

désorientée

envoûtée

par les sirènes

du pouvoir

des armes

Une seule question en tête

lancinante

Pourquoi la guerre?

Pourquoi pas la paix?

29 avril 2022

Pour la paix… l’avenir

« Tu as tracé un sentier

Pour que les enfants

Suivent tes traces. »

Joséphine Bacon, Bâtons à message, p. 24

Dans un jardin infini

Au printemps perpétuel

Chaque jour

À travers les orties

Dans les sols fertiles

Malgré les intempéries

Malgré aquilon

Malgré les pierres

Semons la paix

En paroles

En gestes

La récolte viendra

En son temps

28 avril 2022

Pour la paix… la persévérance

«Ils marchent

sans courbure,

attentifs

aux sons de la neige

sous la raquette

Des bâtons

à message

les attendent

au milieu du lac gelé. » 

Joséphine Bacon, Bâtons à message, p. 16

Faut-il désespérer?

Que faire?

Au-delà de la folie

du tumulte

de la pensée unique

de l’oubli

Il nous faut rester attentifs

aux sentences

cachées sous la froideur

des discours guerriers

Mais où se terre le message de la paix?

Même le mot semble ignoré

effacé du vocabulaire.

Le tintamarre des armes

seule voix seule voie

I have a dream

Il faut un printemps

d’éclaircies

de trêves

d’apaisements

d’harmonies

de paix

Qui se fera prophète de la paix?

Qui portera le bâton à message?

Qui découvrira la voix sous la neige?

Nous

Nous sommes la paix

Notre voix porte loin

au-delà des lacs gelés

pour réveiller

les fantômes de la belligérance

Tableau :

André Jacob

Ukraine 2022

Aquarelle sur papier St-Gilles

10 X 8,5 (25,5 X 21,5 cms)

27 avril 2022

Pour la paix… entendre plus que les mensonges

« Silence

J’entends des paroles

Silence

Les mensonges tonnent

dans ma tête

Silence

Tu m’as tout dit. »

Joséphine Bacon, Bâtons à message, p. 56

Silence

Recueillement sous l’ombre du vol de l’aigle

Américain altier à tête blanche royale

À l’oeil foudroyant sur le monde inquiet

Ses vraies paroles s’entendent en coulisse

Dehors tonnent ses mensonges guerriers

Ses mots résonnent comme des fatalités

Ses sentences cachent sa soif de mort

Pour se conjurer et abattre

Sa proie visée depuis toujours

Silence

Devant le monument des horreurs passées et à venir

Tableau :

André Jacob

Le drame ukrainien (2022)

Technique mixte (huile, acrylique et collage)

(24 X 48) (61 X 122 cms)

26 avril 2022 (poème de type haïsha)

Pour la paix… le regard de l’enfant

J’ai peur des tremblements du monde

Je me terre

Dans les bras de minashkuat

Comme au temps

De mon innocence

Natasha Kanapé-Fontaine. N’entre pas dans mon âme avec tes chaussures.

Blindés à l’horizon

vers le point de fuite

sans retour

L’horreur s’estompe

crépuscule

25 avril 2022 (poème de type haïku)

Pour la paix… une lueur

Dois-je demander comment finira ce monde,

ou comment a débuté cet enfer?

Ali Ahmed Saïd Esber, poète syrien

Cerisiers en fleurs

les ruines s’illuminent

les enfants dansent

24 avril 2022

Pour la paix… non à la course au néant

« Devant les peuples de la terre

Qui s’en porteront garants

Déclarons la paix sur terre,

Unilatéralement. »

Extrait de la chanson de Jean Ferrat, La paix sur terre.

Pour la paix…

Présidents et commandants se font absents

Et nous, conjuguons la paix au présent

Main dans la main, transformons-nous en géants

Dialoguons sur la course au néant

Négocions la fin d’un monde en otage

À nos enfants, offrons la terre en partage

23 avril 2022

Pour la paix… la liberté

Houriah houriah

Liberté liberté

Ils ont manifesté en criant la liberté

Torse nu et des roses dans les mains

Oui c’est un chant qui fait trembler

Le cœur solide de la peur

Et fait tomber le masque du corbeau

            Maram al-Masri, poète syrien

La paix

Hampe florale

Féconde et vivante

Aérienne et discrète

Fragile et vivace

Porteuse de créations

du cœur et de l’esprit

de jardins sauvages

d’harmonies

de libertés

Photo : André Jacob

22 avril 2022

Pour la paix… la vérité.

On soutient la mort en Ukraine

En annonçant plus de haine

Avec le langage des armes

Créant des torrents de larmes

Au nom de la démocratie

En abusant sans soucis

De la vérité maquillée

De faux mots bien habillée

De propagande étouffé

De discours trompeurs soufflé

Mon cerveau divague sans voix

Prisonnier du désarroi

Une ombre de révolte au cœur

La mort dans l’âme sans rancœur

Le poing levé avec un cri

Je hurle je ne suis qu’un cri

21 avril 2021

Pour la paix… la bienveillance.

« Prière aux vivants pour leur pardonner d’être vivants (extrait).

Je vous en supplie

Faites quelque chose

Apprenez un pas

Une danse

Quelque chose qui vous justifie

Qui vous donne le droit

D’être habillés de votre peau de votre poil

Apprenez à marcher et à rire

Parce que ce serait trop bête

À la fin

Que tant soient morts

Et que vous viviez

Sans rien faire de votre vie. »

Charlotte Delbo* in Guerre à la guerre, Éditions Bruno Doucey, p. 75.

Dans une forêt, un arbre entre mille est marqué de rouge, il devient un condamné.

Dans la société, une personne différente, pointée du doigt ou épinglée d’un signe devient une condamnée soumise aux tirs d’armes de destruction massive :  violence, malveillance, antipathie, intimidation, irrespect et intolérance.

Dans une guerre, des citoyennes et des citoyennes sans défense deviennent des condamnés anonymes, victimes collatérales, sans bienveillance, sans plus de valeur que celle accordée au crapaud.

*Charlotte Delbo (1913 – 1985). Note de l’éditeur : « Le 24 janvier 1943, un convoi part de Compiègne pour Auschwitz. 230 femmes s’y trouvent, parmi lesquelles Charlotte Delbo. « Aucun de nous ne reviendra, » écrit-elle. La jeune résistante reviendra pourtant de l’enfer des camps. Les textes qu’elle écrira par la suite sont une invitation à vivre pleinement, sans jamais se départir de sa vigilance. »

20 avril 2022

Pour la paix… contre la violation d’un mot

« Jadis, personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune.

Heureux crapaud! Tu n’as pas d’étoile jaune. »

Max Jacob* (Amour du prochain) in Guerre à la guerre, Éditions Bruno Doucay, p. 54.

Génocide.

Arméniens, Juifs, Tsiganes et Tutsis

Mot cicatrice

Mot réservé

Mot sacré

Mot mémoire

Mot mur

Mot stèle

Mot déshonoré

Intérêts avant tout

Mot violé

Ignorance sans complexe

Mot utilitaire

Propagande du jour

*Note de l’éditeur : Max Jacob (1876 – 1944). « En février 1944, la Gestapo vient l’arrêter. il est incarcéré au camp de Drancy jusqu’au 5 mars, date de sa mort. Qu’a-t-il fait pour mériter cela? Rien. Il avait tout simplement des origines juives. »

19 avril 2022

Pour la paix… la colère.

« Colère devant la terre entière

la terre qui est le pain

qui est la joie

la maison et la mort »

Anna Gréki*. Enfance in Guerre à la guerre, Éditions Bruno Doucay, p. 55

Quand la paix souffre des maux de la guerre

Injustice

Violence

Attentat

Bêtise

La paix souffle un nuage orageux

Indignation

Colère

Résistance

Non-violence

Une femme de paix lève la main

Fait barrage

Écrit

Parle

*Anne Gréki (1931 – 1966), née à Aurès, en Algérie. Note de l’éditeur : « Militante profondément engagée en faveur de l’indépendance de son pays. En 1957, elle est arrêtée puis incarcérée dans la terrible prison Barberousse d’Alger, avant d’être expulsée d’Algérie. Une vie de femme insurgée contre l’injustice. »

Tableau:

La main de la femme

Acrylique sur papier Arche

18 avril 2022

Pour la paix… l’espoir.

“Ils marchent, marchent les réacteurs atomiques

et passent au soleil levant les lunes artificielles,

et à l’aurore, où est l’espoir?

L’espoir, l’espoir, l’espoir.

L’espoir est en l’homme. »

Nâzim Hikmet in Anthologie poétique, p. 234

Où est l’espoir?

Avec les images d’Hiroshima

Le néant

Quand les armes crachent le feu

La mort

Devant l’apocalypse annoncée

Le désarroi

À genoux face aux guerres

Désespoir

Au recto

Portrait sombre

Au verso

La vie

Nos bras

Unis

Arbres chargés de fruits

Nos hosannas

Harmonisés

Clameurs d’espoir

Espoir

Scénario

Au fond de soi

Espoir

Cri

Souffle de vie

Espoir

Abri

Contre l’apathie

Espoir

Geste

Contre le fatalisme

Espoir

Dialogue

Au théâtre de l’avenir

Espoir

Pas

Vers la justice

Espoir

Signature

Contre la guerre

ESPOIR

VOTE

POUR LA PAIX

17 avril 2022

Pour la paix…

« Néanmoins l’espoir

Persiste à surmonter

Chacune des syllabes trop sombres

Qui parviennent à se former en moi. »

Fernand Ouellette, Avancées vers l’invisible.

La paix, même prisonnière dans l’ombre d’un cachot, renaît toujours, mystérieuse, papillon fragile capable d’éclater son cocon pour vivre à la lumière.

La paix vit de l’espoir, dans l’attente silencieuse d’une joyeuse renaissance.

Au revoir Odessa (chanson juive)

16 avril 2022

Pour la paix (haïsha japonais)

Un vieil érable

Мир (paix) inscrit au canif

dénonce

subversion

dans la forêt

La peur de la forêt

https://www.youtube.com/watch?v=fyxiOtwctgQ

15 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Pablo Neruda

« Venez voir le sang dans les rues,

Venez voir

Le sang dans les rues!»

Pablo Neruda, J’explique certaines choses.

Ce vendredi est…

Jour de commémoration dans la chrétienté occidentale

Rappel de l’exécution d’un dénommé Jésus

Scène 1 :

Sans grande notoriété pendant sa jeunesse, il vit comme un quidam.

Adulte il se fait prêcheur

Passeur de la Parole

Inventeur de changements

Et de formules de paix

L’amour contre la haine

La nonviolence contre l’inhumanité

La paix contre la guerre

Le partage contre la pauvreté

La bienveillance contre l’égoïsme

La justice contre l’exploitation

La vérité contre le mensonge

Son propos lui vaut une condamnation.

Scène 2 :

Hier, comme aujourd’hui, la vérité choque.

La parole de paix étonne, détonne, provoque.

On la juge subversive, rebelle, insidieuse, séditieuse, subversive, contestataire, révolutionnaire, sectaire, socialiste, communiste, woke, traître…

On ne veut pas l’entendre.

On refuse de la publier.

On la déclare contraire à la pensée des dieux, ceux des intérêts économiques, ceux des faiseurs de guerre, ceux du commerce des armes, ceux de la croyance en la dissuasion nucléaire comme antidote à la peur et ceux des lois du marché.

Le conformisme aux lois des dieux règne.

La vérité incarnée devient persona non grata.

Les Ponce Pilate se récusent.

L’opinion publique juge, réclame un châtiment.

Les jugements sans appel et les stéréotypes de mauvaise foi font loi.

Trop d’intérêts en jeu.

Les puissants, drapés de leurs privilèges,

S’agitent, font campagne,

Les sondages dévoilent tout :

La majorité croit à l’ordre de la guerre.

L’économique et le politique

S’allient pour la domination,

Le pouvoir, le contrôle.

Le peuple crédule suit.

Interdit d’être contre la guerre…

Toute parole de paix doit rester dans l’ombre.

L’ordre est maintenu.

L’avenir est assuré.

La guerre bat son plein.

On condamne la Parole pour outrage au consensus béat.

La cause est entendue d’avance.

Les mots de paix doivent disparaître.

Il faut interdire et crucifier tout porteur et toute porteuse de mots de paix sur le mont de la bêtise.

Aujourd’hui comme hier, la foule, implacable, cherche des coupables à ses contradictions, garde le silence sur les injustices, se réfugie dans l’ignorance de la justice, drapée de la cape de l’indifférence.

Si le message heurte son immobilisme, elle peut hurler librement : Qu’Il meure! Qu’Elle meure!

Quelqu’un a-t-il oublié qu’un messager sans-culotte attifé d’un bonnet élimé, accompagné d’un âne ou d’un chien et portant une pancarte, pourrait révéler un message d’amour et de paix?

On attend la réponse… Silence.

La foule tourne le regard ailleurs… tout est tellement beau et vrai à la télé.

14 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Louis Aragon

« C’est la paix qui force le crime

À s’agenouiller dans l’aveu

Et qui crie avec les victimes

Cessez le feu. »

La paix ne condamne pas

Elle demande tout

Le respect

La dignité

Elle est un cri

Elle clame

Oubliez les haines!

Détournez la force!

Cessez le feu!

Arrêtez la guerre!

Prônez la nonviolence!

Bâtissez la bienveillance!

Tissez l’égalité!

Négociez la paix!

13 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Louis Aragon

« Elle vacille elle est peu sûre

Comme un pied de convalescent

Encore écoutant sa blessure

Son sang récent.

Louis Aragon, Le chant de la paix.

Disons-le! Répétons-le!

La paix paraît un phare au reflet vacillant, loin de rives paisibles.

Là où on la déclare moribonde, abasourdie par les explosions, étouffée dans le sang, blessée au cœur, elle se manifeste dans les ténèbres.

Elle ne meurt jamais.

Elle vit sa convalescence, loin des stèles funéraires, appuyée sur la conscience de gens qui la veillent.

Elle refait ses forces dans le recueillement, semant des mots d’avenir, pour renaître, toujours, hirondelle aussi fragile qu’agile.

Tableau:

André Jacob

Le vol de l’hirondelle (2022)

Aquarelle sur papier St-Gilles

12 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Louis Aragon

« Rien qu’un souffle parmi les feuilles

Une simple hésitation

Un rayon qui passe le seuil

Des passions. »

Louis Aragon, Le chant de la paix.

Le souffle de la paix.

Le souffle surgit de sources mystérieuses

Brise océane mariée à une brise de terre

Union des bras de toutes les mères

Regards d’enfants à la force précieuse

Pleurs d’hommes sur les horreurs d’une guerre

Paroles de raisons pour la paix

Mains tendues demandant respect

Et solidarité plénière

Le souffle et l’eau disent la vie

Font naître toutes les palpitations

Battre la mesure de notre survie

Dans l’Éden de l’inspiration

Et nous sommes là debout à danser

Composer harmoniser jouer

Peindre Sculpter dessiner filmer

Réinventer proclamer

Et nous chantons l’air de temps heureux

Comme un chœur harmonieux

Dans une symphonie de la paix

Dans un seul mouvement la paix

11 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Louis Aragon

« Je dis la paix pâle et soudaine

Comme un bonheur longtemps rêvé

Comme un bonheur qu’on croit à peine

Avoir trouvé. »

J’entends les cauchemars dans le silence des nuits blanches

Je vois l’amertume dans les regards des mères apeurées

Je goûte le sel amer des larmes des enfants sans jeux

Je touche le cœur blessé par les armes de la haine

Je sens l’odeur des chars qui brûlent

Je me réjouis de l’accalmie des cris d’effroi

Je marche dans les pas des rescapés

Je marche je marche je marche

En quête de la paix vibrante et chaude

Oasis des sources de jours meilleurs

Je la cherche dans la cité

Dans sa fragilité

10 avril 2022

Pour la paix, inspiré de Louis Aragon

« Je dis la paix vaille que vaille

Précaire fragile et sans voix

Mais c’est l’abeille qui travaille

Sans qu’on la voie »

Louis Aragon, Le chant de la paix

La paix sans voix

Dit la vie

Fugace tenace

La vie sans paix

Est silence sur le monde

Sans amour

9 avril 2022

Pour la paix

La guerre, chablis de drames, ne laisse place qu’à des sentiers hérissés de ronces et d’églantiers.

Jour après jour, des coulées de sang se répandent dans des rigoles.

Chaque goutte scintille comme une escarboucle, reflet trompeur de la vie dans le miroir de l’absurdité.

Quelle obscénité!

8 avril 2022

Pour la paix

Je sais que je ne sais pas, ?

Entre ombre et lumière

Une lueur s’infiltre en lettres d’or 

NOUS NE SOMMES PAS SEULS

Mantra

7 avril 2022

Pour la paix

Le sang coule

Je souffre d’une surdose d’échos de la guerre

Informations débridées

Images percutantes

Sensations intenses

Contradictions insensées

Et le sang coule

Fleuve rouge depuis des siècles

Les images d’horreur défilent

Les héros de la parole

Glosent et piaillent

La guerre se nourrit

À la table de l’horreur

De la propagande

Des scénarios manichéens

Des jugements simplistes

Vieux film hollywoodien

Entre bêtise et sagesse

Entre division et unité

Et le sang coule

Symbole pérenne des martyrs

Miroir brouillé de la déréliction

Cause de larmes intarissables

Occasion de questionnements

Comment imposer la raison à la bêtise?

Comment décréter l’amour sur la haine?

Comment faire taire les armes?

Comment arrêter l’effusion du sang?

Comment assécher la source du mal?

Comment purifier le siècle de la violence?

Que de questions sans réponses!

J’ai soif de vérité

Et le sang coule

6 avril 2022

Pour la paix

 Dans l’ombre
presque rien
une lueur
l’écho
paix

5 avril 2022

Pour la paix

Méditation 3

Cris du monde

Les médias parlent

Horreur, peur, effroi, dégoût

haine, haut-le-cœur, abomination

monstruosité, indignité

déshonneur, ignominie

atrocité, monstruosité

Crimes contre l’humanité

Crimes de guerre

Massacre

Noirceur

Sur les ruines d’un champ de bataille,

les dictionnaires manquent de vocabulaire

L’indicible n’est qu’un cri

Les hurlements couvrent les mots de la paix

Les larmes conjurent les démons de la mor

4 avril 2022

Pour la paix

Méditation 2

Dans le chablis du monde

Langues de feu

Traces de sang

Souvenirs des morts

Le regard porté vers le ciel

Dans le silence et l’effroi

Entre espoir et doute

Nos mains cherchent la paix

Pour la paix

Méditation 1

« Quand les hommes vivront d’amour »

Ce sera la paix sur terre,

Les soldats seront troubadours

Et nous, nous serons morts, mon frère. »

Raymond Lévesque

Nous répétons notre propre requiem

Chanté entre les murs d’un temple froid

En pleurs devant les cercueils vides

Des victimes de tous les combats

Prière de désespérance

Et si nous chantions la vie

Entonnons des Alléluias

Tous les jours à l’unisson

Quand les peuples vivent d’amour

Ils vont semer la vie sur terre

Les poètes chanteront toujours

Et nous, nous vivrons en paix, mon frère

1er avril 2022

Pour la paix

Le désir d’humanité

source inépuisable de vie et d’amour

exige la paix

voie de tous les espoirs

31 mars 2022

Pour la paix

Des machines à tuer dans le ciel

Chasseurs d’humains

Des humains chasseurs de canards

Au sol

Plus de chasseurs morts que de canards

Drame et contradiction

Des colombes veillent

Commandent la paix

30 mars 2022

29 mars 2022

Pour la paix

Le gouvernement canadien dépensera plus de 20 milliards de dollars dans l’achat de chasseurs F-35…

Les faucons

Les faucons jubilent et dansent

Leurs chasseurs valent de l’or

En arabesques dans le ciel

Pour voler et tuer

Les vautours veilleront les morts

Requiem sur le silence de la terre

Nous restons debout pour dire et redire la paix

27 mars 2022

Pour la paix

« Les mots ne correspondaient pas aux choses, ils traduisent seulement l’opinion que le troupeau se fait des choses… »

Marguerite Yourcenar in L’œuvre au noir.

Sur les tribunes des faiseurs de guerre

Présidents et ministres clamaient haut et fort

La main sur le cœur

Unité et force

Mort à l’ennemi

Agitation

Tempête de sable

Rien d’autre

Et la paix

Enterrée une fois de plus

26 mars 2022

La guerre au jour le jour

Jusqu’à quand

Jusqu’à quand l’impuissance                  

l’impuissance de la danse macabre                   

macabre devant la mort

la mort de l’espoir   

l’espoir des temps heureux          

les temps de rêves d’avenir                     

avenir sans histoire

histoire d’amour      

amour sans histoire           

histoire vraie

vraie du bonheur    

bonheur d’être        

d’être vivant             

vivant dans le silence

le silence des armes          

des armes inutiles  

inutiles pour la paix

la paix pour la paix

25 mars 2022

La guerre au jour le jour

Une nuit sans étoiles

Un mur couvert de suie

Un résistant

Un mot

Paix

24 mars 2022

La guerre au jour le jour

Debout!

Un peuple désespéré

Empêtré dans les filets des faiseurs de guerre

Sous l’onde insondable de la haine

Cherche l’oxygène de la vie

Porté par les vents de l’espoir

Sur les vagues éternelles

Des matins de l’amour

22 mars 2022

La guerre au jour le jour

La paix, phare à la lueur vacillante, garde vivant le désir d’humanité.

21 mars 2022

La guerre au jour le jour

Perdus dans le désert des désillusions, sommes-nous condamnés à l’errance, au doute et au désespoir, sans GPS pour détecter une source d’inspiration au creux d’une oasis sans guerres?

Malgré les feux de l’incertitude, la paix ne meurt pas comme un mirage.

Elle prend racine et s’épanouit contre toute espérance.

20 mars 2022

La guerre au jour le jour

La guerre, née dans les salons obscurs et secrets de fabricants de cauchemars et de destructions, poursuit son carnage.

Leur propagande guerrière sème l’horreur à la volée avec l’espoir de profits à récolter dans un sol enrichi de larmes et de sang.

Devant eux, la paix doit remplacer les sacs de sable. 

Renaîtront les coquelicots.

19 mars 2022

La guerre au jour le jour

C’était hier… spectacle pharaonique

L’un des grands timoniers de la guerre, drapé de sa gloire et de la tunique de Néron, entrait en scène au-dessus des ruines fumantes, des morts, des hurlements des blessés en crescendo et du tohu-bohu du champ de bataille.

Il lui fallait faire l’apologie de la patrie d’une manière ostentatoire.

Le peuple s’est senti grandi, prêt à mourir pour le désir de vaincre.

Le maître se dressa, à un cheveu d’entonner le Te Deum de la victoire anticipée.

Investi de son rôle de chef de guerre, il ne peut imaginer qu’une telle apothéose pourrait se transformer en sa défaite si la terre brûlée ne laisse que des chardons destinés aux ânes.

17 mars 2022

Même quand la vérité est soumise à la torture des discours à contre-sens, la paix finit par triompher.

16 mars 2022

La paix prend racine dans le terreau de l’harmonie intérieure.

Rose fragile, elle mérite des soins attentifs afin de pouvoir résister aux prédateurs, aux vents contraires, aux sols arides, aux ombres et à l’air du temps.

15 mars 2022

Théâtre de guerre : épilogue

Dans le fracas des champs de bataille

des vampires se gorgent de sang

Se pavanent des urubus drapés des manteaux de la vertu

s’entendent les chœurs des colporteurs de victoires inventées et de profits faramineux

des têtes décorées redessinent leurs plans funestes

Dans l’oubli

la nuit

des mères psalmodient leurs mélopées lugubres

14 mars

Théâtre de guerre : scène 4

Décor

Plus de cimetières que de champs de blé

Drapeau de la paix en berne

Fanion blanc introuvable

À l’ombre des souvenirs heureux

Devant la désespérance

Un partisan monte la garde

Il chantonne avec Cohen

L’espoir renaît

13 mars

Théâtre de guerre : scène 3

Fausses prières.

Sur les cadavres et les ruines

Les vendeurs de canons sont prosternés

Ils prient Mars et Arès

Que grandisse la haine

Que se poursuivent les combats

Que se massacrent les vivants

Que meurent les résistants

Que la piétaille disparaisse

Décorée par le sang

Sans médailles au cou

Les bourses vont prospérer

Amen

12 mars

Théâtre de guerre : scène 2

Pour créer des souvenirs

Sur la poussière des bardas

Sur la suie des gravats

Sur les morts inconnus

Sur les stèles noircies

Écrit d’un petit doigt

Un mot

Paix

11 mars

Théâtre de guerre : scène 1

Plan de guerre

Il faut…

des dieux

des chefs

des thuriféraires

des héros

et des victimes

Les paris sont ouverts

Vainqueurs recherchés

La paix reste une protagoniste oubliée dans les coulisses.

10 mars

Les atrocités d’un champ de bataille sacrifient plus de pages de vérité que d’innocents et de soldats.

9 mars

L’OSM annule les concerts du jeune pianiste russe Alexander Malofeev.

Tel est le titre d’un article du journal Le Devoir du 9 mars[1]. Aujourd’hui donc, je n’ai pas le cœur à la poésie, mais plutôt au désenchantement devant la confusion sur l’esprit de la guerre qui, en quelques jours, s’est imposée sans nuances, à la vitesse de l’invasion, partout dans les esprits, les cœurs… et les institutions, dont l’OSM. La culture de la paix n’est pas une utopie, mais un développement de la pensée à cultiver.

Le jugement et l’explication sibylline de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) surprennent et déçoivent: « « L’OSM estime qu’il serait inapproprié d’accueillir M. Malofeev cette semaine. Nous continuons toutefois de croire qu’il est important de maintenir nos relations avec des artistes, quelle que soit leur nationalité, qui portent des messages de paix et d’espoir… » Alors?  Dommage que l’OSM se soit enferré dans la logique de la culture du bannissement systématique sans nuances lorsqu’il s’agit d’un.e artiste d’origine russe alors que ce jeune virtuose déclare sa bonne foi publiquement par ses déclarations : « Honnêtement, la seule chose que je peux faire en ce moment est de prier et de pleurer. Il semblerait qu’il y ait des conclusions évidentes : aucun problème ne peut se régler dans la guerre, les gens ne peuvent pas être jugés par leur nationalité. » (…) « Je me sens très mal à l’aise à ce sujet et je crois aussi que cela peut affecter ma famille en Russie. Je crois toujours que la culture russe, la musique en particulier, ne devrait pas être ternie par une telle tragédie, même s’il est impossible de rester à côté en ce moment. » Il ajoute : « tout ce que je sais, c’est que répandre la haine ne va pas améliorer la situation, mais seulement causer encore plus de souffrance ». Sa courageuse déclaration pacifique ne semble pas compter pour les dirigeants de l’OSM.

Par son propos, le jeune pianiste Alexander Malofeev traduit sa foi en la paix et exprime sa désespérance, ce que les dirigeant.e.s de l’OSM ne semblent pas comprendre. On fait preuve d’inconsistance. Si l’entreprise croit vraiment ce qu’elle affirme en déclarant supporter les messages de paix et d’espoir, elle donnerait la chance à Alexander Malofeev d’exprimer la paix par son art. Au lieu de jeter l’anathème sur un artiste qui dénonce cette guerre, et considérant les difficultés des artistes russes à exprimer leur opposition dans leur pays, un organisme respectable comme l’OSM devrait accorder son soutien à cet artiste. Si certain.e.s artistes russes soutiennent le gouvernement de Poutine, qu’ils.elles assument leur position, mais ceux et celles qui s’opposent à cette guerre soit respecté.e.s et qu’on les laisse contribuer à leur effort de paix. C’est aussi significatif et névralgique dans la promotion de la paix de dénoncer l’agression russe et de soutenir la population ukrainienne, ainsi que tous ceux et toutes celles qui, comme Alexander Malofeev partout dans le monde, et en premier lieu en Russie, manifestent contre la nomenklatura russe. Ce serait faire œuvre utile pour la promotion de la paix que de cesser de nourrir les stéréotypes discriminatoires généralisés contre les artistes russes qui font acte de foi pour la paix.

L’OSM pourrait contribuer à bâtir une culture de la paix au lieu de se plier bêtement aux diktats antirusses de la propagande ambiante…

À mon humble avis, Alexander Malofeev fait preuve du même courage que son compatriote Dimitri Chostakivitch lorsqu’il a composé et joué sa 7e symphonie dite symphonie de Leningrad[2] sous les bombes nazies le 5 mars 1942, à Kouïbychev où il était exilé. À ce moment-là, Leningrad assiégée par les troupes hitlériennes. Le 19 mars, comme le soulignait Christophe Huss, dans Le Devoir du 4 août 2018[3], Chostakovitch déclarait à La Pravda : « J’ai songé à la grandeur de notre peuple, à son héroïsme, aux merveilleuses idées humanistes, aux valeurs humaines, à notre nature superbe, à l’humanité, à la beauté. […] Je dédie ma Septième Symphonie à notre combat contre le fascisme, à notre victoire inéluctable sur l’ennemi et à Leningrad, ma ville natale ».

8 mars 2022

Journée internationale des femmes

Dans Les femmes et la guerre, Madeleine Gagnon, écrivaine et alors professeure à l’Université du Québec à Montréal, relate des témoignages de femmes glanés dans différentes régions du monde en guerre. Son livre a été publié en 2000, chez VLB éditeur.

Samia, une femme palestinienne témoigne :

            « Je connais des jeunes filles qui reprochent à leurs mères résistantes de leur avoir volé leur enfance, on ne parle jamais dans les médias de ces effets de la guerre, elle est mal représentée, la guerre, on nous imagine tous et toutes avec des fusils, mais on vit pendant les guerres, on fait l’amour, on fait des bébés, on pleure les combattants tombés, on pleure ceux qui meurent de maladie ou de vieillesse, on a nos amitiés et nos inimitiés, nos conflits familiaux et tous les mêmes problèmes que les citoyens des pays en paix, on rêve aussi, on a nos pulsions, nos désirs, nos séductions, les femmes savent ces choses mieux que les hommes, dans les pourparlers de paix, c’est toujours la logique économique et politique qui l’emporte, si les femmes dirigeaient le monde, il n’y aurait sans doute plus de guerres, d’abord, si elles le dirigeaient, aux côtés des hommes, cette première guerre d’inégalité entre les sexes n’existerait pas, ensuite, elles mettraient au programme des réalités dont on ne se soucie jamais, quand les femmes entrent en guerre  ou dans la résistance, c’est d’abord pour assurer une vie meilleure à leurs enfants et petits-enfants, je ne crois pas que cela soit le but des hommes, eux qui ne savent pas pleurer, vous vous imaginez, ne pas savoir pleurer? c’est comme ne pas savoir rire, c’est comme ne pas savoir rêver, leur tristesse, les hommes la refoulent, à l’intérieur, quand elle remonte, c’est sous forme de colère, leurs fusils prennent la place des larmes et des rêves… » (p. 160)

            À lire et méditer en écoutant Jacques Brel chanter 

             Il nous faut regarder, ce qu’il y a de beau

7 mars 2022

Sur une mer en furie

Le vent fait rage

Le brouillard emmure

Le phare veille

La corne de brume hurle

Espoir

6 mars

Appel à la marche pour la paix

Marchons vers le point de fuite, celui de la guerre qui bloque l’horizon!

Ouvrons des chemins de traverse pour abolir les obstacles et les incertitudes!

Suivons les routes vierges, celles des prophètes qui ont marché et pris la parole à la manière de Bertha Von Suttner, Gandhi, Martin Luther King, les Mères de la Place de mai, John Lennon et des milliers d’autres!

Accompagnons ces millions de pèlerins de la culture de la paix qui, d’une seule voix, écrivent, peignent, chantent, interprètent, sculptent, bâtissent!

Place à l’audace!

Exigeons la paix!

5 mars

Espoir

Dans l’effroi et le doute

Nous ne sommes pas seuls

Avec nos sœurs et nos frères

D’Ukraine et de Russie

Au-delà des frontières

Aux éclats d’obus

Répondons

Murmurons

La paix a un nom

Espoir

4 mars

Défilé

Tempo martial

Rythme infernal

Claquements de bottes

Tintamarre de chars

Sifflements de missiles

Sonate macabre

Le convoi de la mort écrase les rêves

Mais la vie s’agrippe aux racines du cep des saisons

Ucrania 8

Bannissement systématique généralisé des artistes et des athlètes russes : contradiction?

Est-ce moi qui ne perçoit pas clairement les enjeux de l’exclusion des artistes et athlètes russes dans tous les champs d’action?  Exception faite de ceux et celles qui appuient le président Poutine et l’invasion de l’Ukraine, pourquoi jeter l’anathème à l’égard de tous et de toutes sans aucune forme de considération alors qu’on leur demande de se lever contre leur gouvernement et contre la guerre. Ne devrions-nous pas plutôt développer des solidarités avec ceux et celles qui se montrent solidaires et luttent pour la paix?

Aujourd’hui, bon nombre d’artistes et d’athlètes russes sont considérés comme des parias dans les pays qui se drapent d’être de fiers apôtres de la liberté et de la démocratie. Les exclure de l’exercice de leur profession dans les pays dits libres me semble contrevenir au principe de la recherche de la paix et de la solidarité. Les militant.e.s, dont des artistes et des athlètes, qui luttent pour la paix à l’intérieur de la Russie jouent une partition extrêmement importante et critique alors qu’ils.elles le font au risque de leur carrière et de souffrances.

Il ne faut pas oublier que l’histoire du Canada est riche de condamnations regrettables prématurées. Pensons à l’emprisonnement des citoyennes et citoyens d’ascendance italienne et japonaise au Canada durant la Deuxième Guerre mondiale de 1939 à 1945. L’État a dû s’excuser beaucoup plus tard… trop tard.

Je n’ai pas une réponse claire et rigoureuse, mais un doute quant à ce « mystère » démocratique. Je ne demande pas mieux que de participer au questionnement sur cet enjeu.

3 mars 2022

Potentats et généraux harmonisent leurs guerres

Médailles sur le cœur

Célébrations

Tambours et clairons

Les peuples souffrent et meurent

Sans honneurs

Doloroso

Symphonie pathétique

Ucrania 6

2 mars 2022

Le président Commander in chief, titre guerrier, a parlé de liberté à sa nation.

Sans mots de paix, les discours ressemblent à des embruns toxiques sur l’avenir

Ucrania 5

1er mars 2022

Il faut

Paroles de paix

Envolées en fumée

Paroles de guerre

Gonflées par les tribuns

Ministres et présidents

Croisés de la vertu

Mimes de héros

Debout

Pour seriner sur tous les tons

Il FAUT des armes

Il FAUT des armes

Il FAUT des armes

ARMES ARMES ARMES

Il FAUT des armes

Létales létales létales

Il FAUT des morts

Il FAUT des mots funestes

En rafales

Inventés dans la haine

Incrustés dans les esprits

Brisés dans les cœurs

Il FAUT des mots qui sonnent

Dans les poches des vendeurs

Des machines à tuer

Il FAUT nourrir la guerre

Dans le désert des idées

Mais

Nous sommes la paix

Nous qu’on dit rêveurs

Femmes et hommes

Debout

Pour chanter en chœur

Il FAUT des paroles de paix

Ucrania 4

28 février 2022

HaÏku pour la paix

Une colombe

oubliée sur la Place rouge

la paix se meure

Ucrania 3

27 février 2022

Sous les gravats

Des coquelicots

Tachés de sang

Cryptiques

Renaissent

S’étalent

Au-dessus des anfractuosités de la douleur

Jardins d’espoir sur l’accotement de sentiers minés

La paix revivra

Ucrania 2

26 février 2022

En équilibre instable au-dessus des guerres, comme une nymphe évanescente plus fragile qu’un oiselet, la paix avance à tâtons, au risque de basculer dans le vide de l’oubli.

Ucrania 1 

25 février 2022

Partout, se lèvent des drapeaux blancs… La paix n’a qu’un nom, la paix. Le conflit sur le terrain de l’Ukraine se résoudra par la négociation vers la paix, ce mot qui résonne toujours comme la clé du mouvement d’une symphonie andante, loin du tintamarre des armes.


[1] https://www.ledevoir.com/culture/musique/683463/l-osm-annule-les-concerts-du-jeune-pianiste-russe-alexander-malofeev

[2] https://www.youtube.com/watch?v=kwqZRhPXElQ

[3] https://www.ledevoir.com/culture/musique/533740/la-leningrad-de-chostakovitch-une-symphonie-pour-l-humanite

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