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Les Olympiques de l’arrogance

Le soleil se lève pour tout le monde sur tous les continents.

par André Jacob

Travailleur social et sociologue, professeur retraité de l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal. Tout au long de ma carrière universitaire, j'ai mené une carrière artistique, tout particulièrement en arts visuels.

8 août 2021

Jeux des pouvoirs, de la gloire et de l’arrogance.

Depuis 2 semaines, tous les médias ne parlent que de médailles, ces pièces du couronnement d’athlètes qui ont investi leur vie dans un sport pour espérer toucher cette récompense et qui servent souvent de mercenaires à un système de propagande non dite.

Les pays les plus riches et les plus puissants sur le plan politique et militaire, les États-Unis en tête, la Chine, la Grande-Bretagne, la Russie et les autres veulent que leurs héros du stade brillent; ils symbolisent leur puissance, mais ils étalent sur les podiums les inégalités et les pouvoirs économiques qui dirigent le monde. Comme le mentionnait Éric Desrosiers dans le journal Le Devoir du 7 août 2021, « côté médailles, ce sont encore et toujours les mêmes pays qui ont eu le plus de succès. » 

Les présents jeux montrent aussi que la création de l’ennemi russe se poursuit. On a interdit la participation de la Russie, mais en permettant aux athlètes russes de participer sous le signe COR (Comité olympique russe). Les médias ont joint cette guerre idéologique contre la Russie au point de ne jamais prononcer le mot en R… Les journalistes ne prononcent jamais l’expression « Comité olympique russe » ni le mot Russie. Cette mesure est justifiée, dit-on, en raison des anciennes pratiques systématiques de dopage en Russie… Curieusement, il serait intéressant d’en savoir davantage sur les stratégies de dopage sophistiquées des autres pays dominants. On peut au moins émettre quelques doutes.

En somme, les pays dominants sont nord-américains, chinois et européens. Comme symboles, il faudrait empiler toutes les médailles des pays de tous les autres continents pour tenter d’égaler les États-Unis; ce jeu est futile certes, mais illustre les inégalités sociales et économiques sur la planète.

En principe, les Jeux olympiques symbolisent la recherche de l’harmonie, de la fraternité et de la paix, mais l’étalage de cette arrogante démonstration des pouvoirs de divers types finit par jeter de l’ombre sur les performances impressionnantes des athlètes en premier lieu, mais surtout à cacher les jeux de coulisse pour en arriver à l’expression de la gloire des puissants et de l’esprit de domination. Odile Tremblay rappelle cette obsession dans Le Devoir du 7 août en faisant une présentation du film de Quentin Renaud, 5e set, à ce sujet à savoir l’obsession de la victoire est un objectif fou qui dévore.

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Texte paru dans D'amour et d'oubli (mots tendres sur l'alzheimer), idée originale de Claudie Stanké, Laval, Guy Saint-Jean éditeur (2021), p. 149 - 1 52. ISBN...

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2 Commentaires

  1. Pierre Jasmin

    Les arguments de mon collègue André Jacob se renchérissent d’une accusation de sexisme, quand les autorités canadiennes olympiques, qui avaient bien choisi DEUX porte-drapeaux pour la cérémonie d’ouverture, un homme et une femme, ne choisissent qu’un homme pour la cérémonie de fermeture, alors que les femmes viennent de remporter la très grande majorité des médailles! Le choix de David Warner s’imposait évidemment, puisqu’au décathlon – discipline reine des Jeux – il a brisé le record olympique. Mais le maniaque de soccer que je suis l’aurait accompagné de Stéphanie Labbé, la souriante gardienne de but qui a permis à l’équipe canadienne de survoler la compétition jusqu’à la médaille d’or, ou de Christine Sinclair, sa capitaine, championne historique de buts dans son sport en compétitions mondiales (plus de 300!); notons que se sachant sur son déclin, elle a en un rare exemple de geste humble de responsabilité qui pour ma part, accroît son caractère légendaire, confié à deux reprises le ballon de penalty à la jeune Fleming qui grâce à ses deux buts en ces occasions tendues a propulsé l’équipe d’abord vers la finale puis en prolongation du match de la médaille d’or. Mais de grâce, un peu de retenue, chers médias qui s’époumonnent sur une performance exceptionnelle, la 11e place pan-olympique du Canada est un modeste succès, compte tenu du retard de seize médailles sur l’Italie en 10e place et que ses sept médailles d’or égalent le résultat de Cuba si désavantagé par les sanctions économiques appliquées par le gouvernement canadien à son endroit.
    En conclusion non politique, je reprends les mots de mon collègue, impressionné par plusieurs performances qu’on n’attendait pas, comme celle de notre haltérophile de Rimouski ou notre cycliste Lauriane Genest. Espérons qu’aucune de ces performances ne seront ultérieurement ternies par une conviction de dopage, mais là-dessus, on se félicite du travail colossal accompli par la directrice du Laboratoire de contrôle de dopage de l’INRS, la docteure Christiane Ayotte. Espérons que l’équipe russe aura retenu la leçon et pourra revenir en son nom propre aux prochains Jeux pour confirmer son impressionnante troisième place.

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    • André Jacob

      Je ne peux que souscrire aux ajouts pertinents de l’artiste pour la paix, Pierre Jasmin. D’ailleurs, les enjeux politiques et sexistes autour de ces jeux mériteraient une analyse plus fine, plus exhaustive et plus rigoureuse que la mienne pour faire ressortir toutes les contradictions inhérentes à ce système.
      D’ailleurs, la couverture médiatique complaisante, sans réflexe critique, mérite aussi une étude approfondie des tenants et aboutissants.

      Réponse

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