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Campagne électorale 2021: la paix en veilleuse.

par André Jacob

Travailleur social et sociologue, professeur retraité de l'École de travail social de l'Université du Québec à Montréal. Tout au long de ma carrière universitaire, j'ai mené une carrière artistique, tout particulièrement en arts visuels.

18 septembre 2021

Fin de campagne électorale : des vides significatifs.

Lundi 20 septembre, nous exercerons notre droit de vote, mais à partir de quel contenu au juste. Plusieurs personnes disent se baser sur les impressions que dégagent les chefs des partis, en somme sur une perception très générale. D’autres utilisent la « boussole électorale » pour tenter de prendre une décision éclairée. Dans certains cas, c’est le nihilisme : ça ne m’intéresse pas, dit le désabusé. Et la liste des façons d’envisager le vote s’allonge à l’infini.  Pourtant, les positions des partis politiques sur des enjeux cruciaux nous concernent tous et toutes et finissent par nous rejoindre dans notre vie quotidienne; cependant, la difficulté de prendre une décision éclairée provient souvent du flou des discours ronflants, des promesses d’un bonheur artificiel assuré, mais surtout du vide au sujet d’enjeux pourtant fondamentaux comme le réchauffement climatique, les droits des Premières Nations, l’immigration, l’accueil des réfugié.e.s, le développement des services de santé, les conditions de vie des personnes âgées, le développement agricole, la protection des forêts et, bien sûr, les questions relatives aux dépenses militaires et, par le fait même, les enjeux liés aux guerres et surtout à la paix. Je ne retiens que ce dernier aspect comme illustration du vide sur des questions fondamentales. Quelques dimensions suffisent à elles seules à montrer le vide abyssal de cette campagne électorale artificielle.

  1. Selon le gouvernement du Canada, le département de la défense nationale s’avère le plus imposant département du gouvernement fédéral, lequel absorbe 7,3 % du budget, soit 21,9 milliards de dollars canadiens .
  2. Rien sur les questions fondamentales relatives aux affaires extérieures et à la défense. Rappelons que le Canada est un allié indéfectible des États-Unis et ses prises de position suivent trop souvent à la lettre les dictées du Pentagone.
  3. Ainsi, le Canada fait partie des quelques pays qui n’ont pas signé le Traité d’interdiction des armes nucléaires parce que les Américains refusent de le faire.
  4. Le Canada poursuit la vente d’armes à l’Arabie Saoudite, pays qui n’a cure du respect des droits et libertés des personnes et qui soutient une guerre atroce au Yémen. Le Canada poursuit sa montée vertigineuse comme fabricant et exportateur d’armes dans le monde; selon Ploughshares -Canada, le pays a atteint un pic en 2019 avec des ventes astronomiques d’une valeur de 37 milliards de dollars canadiens.
  5. Le Canada ne fait rien pour soutenir le droit à l’autodétermination de la Palestine.

Ces principaux enjeux auraient dû mériter au moins une petite place dans les débats, car il s’agit d’enjeux cruciaux pour la sécurité et l’indépendance du pays, la répartition équitable de nos impôts et surtout la promotion de la culture de la paix au lieu d’une culture militariste et guerrière.

Heureusement, les Artistes pour la paix ont diffusé le message alors que les médias n’ont jamais soulevé de questions sur l’utilisation des dépenses militaires.

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Texte paru dans D'amour et d'oubli (mots tendres sur l'alzheimer), idée originale de Claudie Stanké, Laval, Guy Saint-Jean éditeur (2021), p. 149 - 1 52. ISBN...

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